Le ministère de la santé met en œuvre une politique de déremboursement des médicaments encore plus dure que le Parlement
Publié le Lundi 24 janvier 2011 dans la catégorie Matériel de campagne
Le Collectif Hypertension a pris malheureusement acte du décret publié le 15 janvier 2011 qui organise la baisse du taux de remboursement de certains médicaments. Il met ainsi en œuvre une nouvelle étape dans la politique de remise en cause des principes fondateurs de la sécurité sociale.
Cette fois-ci, il s’agit de l’homéopathie et des médicaments qui ont un service médical rendu modéré (vignette bleue à 35 %) mais également des dispositifs médicaux (remboursés jusqu’à maintenant à hauteur de 65 %). Mais, ce qui est encore plus scandaleux, c’est que ce décret va encore plus fort dans la diminution du taux que ce qui était prévu dans le PLFSS. En effet, tandis que les députés avaient voté une diminution du taux de 35 à 30 % concernant la première catégorie de médicaments et de 65 à 60 % concernant la seconde, l’UNCAM (Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie) pourrait désormais fixer ce taux entre 25 et 30 % et entre 50 et 60 %.
Le Collectif Hypertension réaffirme son appel à une refonte générale du dispositif actuel des taux de remboursement de médicaments ainsi que des grilles d’analyse du service médical rendu. Nous défendons une meilleure lisibilité du dispositif ainsi qu’une simplification par le haut du dispositif, en se fondant sur l’utilité du produit aux patients et non aux laboratoires pharmaceutiques.
Nous constatons également avec dépit la dépossession du pouvoir de la représentation nationale en matière de protection sociale au profit du pouvoir réglementaire de l’Exécutif.
Enfin, nous regrettons une nouvelle fois la mise en œuvre d’une politique comptable faisant reposer le financement du déficit de la sécurité sociale sur les patients. Rappelons que l’économie attendue par ce décret est d’environ 200 millions d’euros par an, à comparer avec les 423 millions d’euros qu’aura coûté le Médiator à l’assurance maladie et aux complémentaires entre 1999 et 2009.