Pour une réforme de la pharmacovigilance et de la politique du contrôle des médicaments en France
Publié le Vendredi 14 janvier 2011 dans la catégorie Argumentaires
Le Collectif Hypertension prend acte de la démission de Jean MARIMBERT de la Présidence de l’Agence Française de Sécurité SAnitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), et demande la refonte du système de pharmacovigilance en France et plus largement de la politique publique de contrôle des médicaments.
Tandis que le Rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) sur le scandale du Médiator devrait prochainement assurer l’immunité des différents responsables politiques ayant eu à intervenir dans ce dossier, le moment est venu de revoir complètement le système français de contrôle des médicaments en s’interrogeant également sur les perspectives de construction d’une Europe de la santé dramatiquement en panne.
Le Collectif Hypertension propose :
- le développement de la démocratie sanitaire en assurant la représentation des patients dans les instances décisionnelles comme l’AFSSAPS et l’HAS (Haute Autorité de Santé) ainsi que la transparence dans la prise de décision (publication des avis, motivation, accès aux études utilisées, etc.)
- l’obligation de « déclarations d’intérêt » détaillées permettant de déceler des conflits d’intérêts auprès de tous ceux qui, de manière permanente ou occasionnelle, interviennent dans la prise de décision (y compris les conseillers ministériels).
- la coordination du système français avec le système communautaire, avec la mise en place d’un système de veille et d’alerte automatique lorsqu’un pays membre interdit ou suspend la mise sur le marché d’un médicament.
- la création d’un service public assurant la formation médicale continue des prescripteurs.
- le renforcement de la loi « anti cadeaux »[1] à un moment où les laboratoires pharmaceutiques développent de nouvelles techniques pour contourner l’interdiction de procurer aux professionnels de santé des « avantages directs ou indirects » comme la prise en charge d’événements faussement déclarés comme scientifiques.
- la mise en place d’une « Charte déontologique de la visite médicale »[2] ainsi que d’un contrôle scientifique des études utilisées et diffusées auprès des prescripteurs par un organisme indépendant.
- la réelle indépendance de l’AFSSAPS par l’interdiction de son financement par des laboratoires pharmaceutiques qui représente actuellement près de 80 % de son budget.
[1] http://www.challenges.fr/actualites/20110104.CHA1808/?xtmc=mardi_4_janvier&xtcr=1
[2] Actuellement, il y a en France 1 visiteur médical pour 9 médecins. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jrrbVq41uA1RYr3FG3ZwYKIYyB1Q?docId=CNG.5b6a0414a0f2b5b069644edc7bf6720b.921
Découvrez d autres articles sur ce même thème
Mots-clés : AFSSAPS, démocartie sanitaire, IGAS, laboratoires, Mediator, médicament, pharmaceutique, régulation, santé, servier